Traité des deux accès

 

 

Bodhidarma (470-543)

Le maître de Dharma était un homme des régions occidentales : originaire de l’Inde du Sud, il était le troisième fils d’un grand roi indien. Il était doté d’une intelligence extrêmement vive, à laquelle rien n’échappait. Ayant résolu de préserver le Mahâyâna, il abandonna l’habit blanc [des laïcs] pour la robe noire des moines. Il recueillit les semences de la sainteté et les fit se multiplier. L’esprit plongé dans la vacuité et la quiétude, il examinait avec pénétration les affaires profanes. Il avait élucidé [les doctrines] bouddhiques et non-bouddhiques, et sa vertu surpassait les normes de l’époque.

S’affligeant du déclin de la doctrine orthodoxe dans les contrées limitrophes, il eut à traverser les monts et les mers pour s’en venir prêcher dans [la région de] la Han et [de] la Wei. Tous les adeptes de la quiétude et du silence furent gagnés à sa foi, mais il fut en butte aux calomnies des esprits superficiels et attachés à leurs erreurs. A l’époque, il ne trouva [pour tous disciples] que Daoyù et Huike. Seuls ces deux sramanas, malgré leur jeune âge, surent faire preuve de détermination profonde. Ayant eu la chance de rencontrer le maître de Dharma, ils le servirent plusieurs années. Ils lui demandèrent respectueusement de les initier, et assimilèrent parfaitement sa pensée. [Bodhidharma], appréciant leur extrême sincérité, leur enseigna la Voie authentique [en ces termes] :

« Apaiser ainsi l’esprit, susciter ainsi la pratique, se soumettre ainsi à l’Ordre des choses, recourir ainsi aux expédients salvifiques : telle est la méthode mahayaniste pour apaiser l’esprit qui vous permettra d’éviter toute erreur. » Apaiser ainsi l’esprit renvoie à la contemplation murale, susciter ainsi la pratique désigne les quatre pratiques. Se soumettre ainsi à l’ordre des choses, c’est se garder de la calomnie et de la haine. Recourir ainsi aux expédients salvifiques, c’est éviter tout attachement à leur égard. Ce bref avant-propos s’inspire des idées développées dans les pages qui suivent.

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Les deux Accès

II est de multiples façons d’accéder à la Voie, mais toutes peuvent se ramener à deux types principaux : l’accès par le principe et l’accès par la pratique. L’accès par le principe consiste à réaliser le principe essentiel en s’appuyant sur la doctrine; c’est croire profondément en l’immanence, dans tous les êtres, d’une nature unique et véritable, que le voile irréel des souillures ne fait que masquer. Si l’on rejette l’erreur pour faire retour à la vérité, en se concentrant sur la contemplation murale, il n’y a plus de
distinction entre soi-même et autrui, le profane et le saint s’avèrent égaux et un. Demeurer ferme et constant, affranchi de l’enseignement discursif, c’est s’accorder mystérieusement avec le vrai principe. Comme il n’y a plus nulle discrimination, tout est tranquille et exempt de noms. Tel est l’ « accès par le
principe ».

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Les quatre pratiques

L’ « accès par la pratique » renvoie aux quatre pratiques qui résument toutes les autres. Quelles sont ces quatre pratiques?

Ce sont :
1) savoir répondre à la haine ;
2) être en accord avec les conditions ;
3) ne rien tenir pour désirable ;
4) être en parfaite harmonie avec le Dharma.

1) Qu’est-ce que s’exercer à « répondre à la haine » ? Celui qui pratique la Voie doit, dans l’adversité, se faire la réflexion suivante : « J’ai par le passé, durant d’innombrables kalpas, délaissé l’essentiel au profit de l’accessoire. Au fil des existences, j’ai suscité maint ressentiment et mainte haine, et causé des dommages infinis. Le malheur qui, en dépit de mon innocence présente, s’acharne sur moi, est la rétribution de méfaits anciens dont les fruits ont fini par mûrir. Il ne s’agit donc pas d’une punition infligée par le Ciel ou les puissances surnaturelles. Faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et tous [les motifs de] ressentiment ou de récrimination disparaîtront. » II est dit dans un sûtra : « Ne t’afflige pas devant l’adversité.

Pourquoi ? Parce que tu en comprends l’origine. » Lorsque de telles pensées naissent [en vous], vous parvenez à vous accorder au principe, et votre compréhension du ressentiment vous permet de progresser sur la Voie. Voilà pourquoi je vous engage à vous exercer à « répondre à la haine ».

2) La seconde pratique consiste à « être en accord avec les conditions ». Il s’agit de réaliser que les êtres sont dénués de moi, et sont mus par la causalité karmique. Accueillez avec équanimité les peines et les plaisirs, car tous résultent des conditions. S’il m’arrivait d’obtenir quelque excellente
rétribution telle que les honneurs ou la renommée, celle-ci procéderait d’une cause enracinée dans mon passé, et dont il m’aurait fallu attendre jusqu’à maintenant [la réalisation]. Pourquoi me réjouirais-je de son existence puisque, une fois les conditions épuisées, elle aussi retournera au non-être?
Le gain comme la perte découlent des conditions. Si votre esprit n’en est pas affecté, s’il n’est pas agité par le vent de la joie, vous obtiendrez l’accord profond avec la Voie. C’est pourquoi je vous exhorte à pratiquer l’« accord avec les conditions ».

3) La troisième pratique consiste à « ne rien tenir pour désirable ». Par « désir », on entend [le fait] que les hommes, dans leur égarement incessant, s’obstinent à convoiter toutes choses. Le sage réalise la vérité [ultime], laquelle en son principe s’oppose à la [vérité] conventionnelle. Il apaise son esprit par le non-agir, sans se soucier de son corps. Convaincu de la vacuité de toute existence, il n’a plus rien à espérer ou dont se réjouir. « Mérite » et « Obscurité » vont toujours de pair. Le Triple Monde dans lequel nous vivons depuis si longtemps est comme une maison de feu . Tout ce qui possède un corps souffre: qui donc pourrait trouver le repos ? En comprenant cela, vous mettrez du même coup fin à toute pensée, et cesserez d’aspirer à l’existence.

Il est dit dans un sûtra : « Le désir est souffrance ; l’absence de désir est joie . » II est donc clair que l’absence de désir est une pratique de la Voie.4) La quatrième pratique consiste à « être en parfaite harmonie avec le Dharma ». On appelle « Dharma » le principe de la pureté intrinsèque. Selon ce principe, tous les caractères spécifiques sont vides, et ne présentent ni souillure ni attachement, ni « ceci » ni « cela ». Il est dit dans un sûtra : « Le Dharma ne contient nul être, car il est exempt de la souillure [causée par] l’être ; il est dénué de toute subjectivité, car il est exempt de la souillure [causée par] le moi. » Le sage, s’il peut croire en ce principe et le comprendre, doit s’exercer à être « en parfaite harmonie avec le Dharma ». A l’instar du Dharma qui est par essence prodigue, il n’épargne ni son corps ni ses richesses dans sa pratique de l’aumône, et son esprit est également généreux. Pénétrant la triple vacuité, il est indépendant et sans attachement.
Ayant éliminé [en lui] les impuretés, il aide et guide les êtres, sans pour autant s’en tenir aux apparences. [Ses actes], source de profit pour lui-même, le sont également pour autrui, et lui permettent en outre d’orner la Voie de l’Éveil.
Ce qui vaut pour le Don vaut pour les cinq autres ([Perfections]. Pour éliminer les fausses notions, on pratique les six Perfections. Toutefois, c’est lorsqu’on n’a rien à pratiquer que l’on pratique «en parfaite harmonie avec le Dharma ».

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Première lettre

J’ai toujours admiré les anciens sages, et longuement cultivé toutes les pratiques. J’ai toujours estimé les Terres Pures [des Buddhas], et recherché les enseignements qui nous sont parvenus comme un homme assoiffé [recherche de l’eau]. Ceux qui ont réussi à rencontrer Sakya[muni] et à obtenir la Voie suprême sont des millions, et innombrables sont ceux qui ont obtenu les quatre fruits. [Jusqu’ici] je pensais vraiment que les mansions célestes étaient d’autres pays et que les enfers existaient quelque part ; j’étais persuadé qu’en obtenant le Dao et ses fruits, on changeait de forme physique. Je déroulais les sutras pour y chercher des bénédictions. Dans la plus grande confusion, je tournais en rond, entraîné par mon esprit et créant du karma.

Ainsi passai-je plusieurs années, sans m’accorder le moindre repos. Enfin, je parvins à reprendre contact avec la paix profonde et soumettre les objets à l’esprit-souverain. Mais j’étais cultivé pendant trop longtemps des pensées fausses, et, emporté par mes émotions, je percevais des caractères spécifiques. Quant aux transformations qui se produisaient, j’avais le désir de les résoudre.
Finalement je saisis la nature-de-Dharma et pratiquai à peu près l’Ainsité. Pour la première fois je réalisai que dans le carré d’un pouce il n’est rien qui ne se trouve. La perle claire [de l’esprit] pénètre les destinées les plus obscures. Du haut jusqu’en bas, des Bouddhas aux insectes, il n’est rien qui ne soit synonyme de pensées fausses, produites par l’esprit de spéculation.
C’est pourquoi j’ai mis par écrit mes pensées les plus secrètes. Pour l’instant, j’exposerai les  » Stances sur les expédients pour accéder à la Voie « , comme préceptes pour ceux qui ont des affinités pour ce type d’éveil. Si vous avez le temps, lisez-les :

« Grâce au dhyana assis, vous finirez à coup sûr par voir votre nature originelle. Même si vous fusionnez et purifiez votre esprit, La pensée qui surgit, en l’espace d’un instant, vous entraîne dans la transmigration. Dans cet état, la mémoire ne fait que produire une vie dépravée.
Même si vous recherchez le Dharma et spéculez [sur l’esprit], vous ne pouvez échapper au karma. De plus en plus souillé par la transmigration, l’esprit a du mal à atteindre l’ultime.
Le Sage, en entendant les huit mots, s’éveilla soudain au principe. Il réalisa pour la première fois que ses six années de pratiques ascétiques avaient été vaines.
Le monde entier est rempli de créatures démoniaques. Qui crient en vain et se lancent dans des discussions absurdes. Avec de fausses explications, ils prêchent les êtres. Ils discutent de remèdes, et s’avèrent incapables de guérir une seule maladie.
Tout est calme, foncièrement exempt de vision de caractères spécifiques. Comment le bien et le mal, le vrai et le faux, existeraient-ils? La naissance elle-même est non-naissance, l’extinction elle-même est non-extinction. Le mouvement est non-mouvement, la concentration non-concentration.

Deuxième lettre

Les ombres naissent des formes, l’écho répond à la voix. Ceux qui jouent avec leur ombre jusqu’à épuiser leur corps, ne réalisent pas que ce corps est [la cause de] l’ombre. Ceux qui élèvent la voix pour faire cesser l’écho ne réalisent pas que leur voix est la source de l’écho. Rechercher le nirvana en éliminant les passions est comme rechercher l’ombre en enlevant le corps. Chercher le Bouddha en rejetant les êtres est comme chercher l’écho en faisant taire la voix. Sachez donc que l’illusion et l’éveil ne sont qu’une seule Voie, et que la bêtise et la sagesse ne diffèrent en rien. Pour avoir donné des noms à ce qui était innommable, on a engendré l’être et le non-être. Pour avoir établi des principes dans ce qui était sans principe, on a vu fleurir les
disputes. Les transformations illusoires n’étant pas vraies, qui aurait tort ou raison ? L’erreur étant irréelle, qu’est-ce qui existe ou n’existe pas ? »

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Ici et maintenant ?!

Un peu de blabla…

Les Patriarches des différentes écoles, nous ont expliqués les enseignements du Bouddha.

Chaque Maîtres à sa manière, et selon l’époque et la culture, ont développé une pratique.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Quelle école suivre ou ne pas suivre ? Suivez-les toutes ou n’en suivez aucune !

Il suffit de retourner au VI° siècle en Chine  à l’école des Terrasses Célestes, auprès de Da Shi Chi-i (jap : Zhy-i).

Da Shi Chi-i (Tendai Daishi ) écrivit le Mo-Ho Chih Kuan, l ‘Arrêt et Observation – Maka Shikan en japonais.

Le Mo-Ho Chih Kuan est un manuel de méditation : la méditation Zuochan – reprise par les Écoles Zen Soto et Zen Rinzaï.

Mais venons au cœur du sujet qui nous intéresse l’Ici et Maintenant.

Da Shi Chi-i l’explique dans son Mo-Ho Chih Kuan et nous allons tacher de le comprendre simplement aujourd’hui, de dévoiler le sens du Livre et de transmettre la seule et unique Voie du Bouddha.

L’Ici et Maintenant ou l’Arrêt et Observation sont en vérité les deux faces d’une même pièce.

Seule la méditation assise peut nous faire découvrir l’Instant Illuminé ou la Terre Pure du Bouddha. Alors pour expliquer le Mo-Ho Chih Kuan apprenons avec Sincérité, Simplicité et Humilité la méditation assise Zuochan.

La méditation assise

S’asseoir sur un zafu, un petit banc, un coussin, bref comme on veut. Mettre les jambes – si l’on peut – en Lotus ou semi-Lotus. Les jambes croisées feront l’affaire, essayer à ce que les genoux touchent le sol.

La main droite dans la main gauche, les pouces se rencontrent, ni montagne ni vallée.

Essayer d’avoir le dos droit sans se forcer, il ne doit y avoir aucune rigidité dans la position, au contraire nous devons être calme, détendu et près à vivre un moment intérieur intense.

Une fois que l’on a trouvé sa position commencer par fermer les yeux et se concentrer sur sa respiration. Tourner les yeux vers l’intérieur, la récitation silencieuse d’un mantra aide à la concentration, il faut le réciter (chanter) très lentement qu’il soit en harmonie avec le reste du corps.

Mantras apaisant : Namo Amituofo, Namo Miàofǎ Liánhuā Jīng ( Namu Myohorengekyo), Namo Guan Shi Yin Pusa voir sur Youtube la manière de les chanter.

En se concentrant suffisamment sur la  récitation silencieuse d’un mantra avec patience, la respiration s’apaise, si la respiration s’apaise le calme vient et avec le calme la Cessation. C’est à dire le non-attachement à ce qui nous entoure, les pensées, les désirs, les êtres , le bruit de la ville…

Une fois la Cessation atteinte vient l’Observation, à ce moment nous sommes en pleine conscience de notre Véritable esprit – Shen mie lun, la disparition du moi – des êtres et des choses qui nous entoure, sans attachement, en paix, c’est ce que l’on appelle la Terre Pure du Bouddha, l’Ici et Maintenant !

Pour atteindre cet état nous devons pratiquer à chaque moment de la journée ( quand il nous est possible) étudier les Sûtras et Sastras, de faire partie d’une Sangha.

Simplement en pratiquant naturellement la méditation assise Zuochan nous pouvons atteindre l’illumination en cette vie.

Si vous avez des questions ou voulez prendre contact : mahayanabretagne@yahoo.com

 

Namo Amituofu !

Rev. QianFa Shakya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La signification du terme Bonnō Soku Bodai

Traduction Shôyû gérard Foureau, shami du temple Guhôzan Renkôji de la Nichiren Shū

Ces derniers mois, j’ai reçu beaucoup de questions concernant les “bienfaits”, les “buts à atteindre” et
si les “désirs terrestres sont l’illumination”, c’est-à-dire Bonnō Soku Bodai.
Je voudrais expliquer la signification de ce terme – très important pour le Bouddhisme – qui toutefois
est souvent mal compris.
Le terme de Bonnō Soku Bodai (“les désirs terrestres et les diverses afflictions se transforment en
illumination”) est souvent traduit d’une manière érronée par “les désirs terrestres sont l’illumination”.
En se basant sur cette équivoque, beaucoup de personnes ont tendance à concevoir le bouddhisme,
Nichiren et la foi dans le Sūtra du Lotus comme étant l’équivalent d’un gain matériel (consommation)
; par conséquent, cette équivoque pourrait aussi contribuer à alimenter l’avidité.
Il y a des personnes qui appréhendent Bonnō Soku Bodai avec la conviction que «les désirs terrestres
sont l’illumination» et cela est donc pour eux la manière d’appréhender le Bouddhisme ; en d’autres
termes, ils croient que cette expression veut dire la réalisation des «objectifs» ou «gagner» à tout prix
et que cela équivaut à une foi bouddhiste correcte et pure.
Si cette interprétation était correcte, alors il ne serait pas nécessaire de réciter le Sūtra du Lotus et
l’Odaimoku, et même de pratiquer le bouddhisme. Il suffirait simplement d’acheter ou d’accumuler
beaucoup de «choses» pour être «illuminé». Autrement dit, avec cette idée, il serait suffisant
simplement de faire du shopping ou de désirer une chose quelconque pour devenir Buddha.
Tout cela évidemment n’est pas en accord avec ce que le Buddha nous a enseigné. Au contraire, rien
ne pourrait être plus éloigné des enseignements, des valeurs et de la vision du Buddha et de Nichiren
Shōnin que cela. En effet, les premiers enseignements du Dharma du Buddha Śākyāmuni ont été les
Quatre Nobles Vérités et l’Octuple Sentier ; le bouddhisme a commencé avec ces principes
fondamentaux très importants.
Le principe des Quatre Nobles Vérités nous explique que la vie est souffrance et que cette souffrance
vient de nos Bonnō, c’est-à-dire de nos attachements, de nos désirs et de toutes ces choses qui nous
tourmentent ou qui nous font du mal. Ce principe nous explique, cependant, que pour nous libérer des
souffrances dans notre vie, il faut, avant tout, en éliminer les causes, c’est-à-dire Bonnō. Ceux-ci sont
éliminées de notre vie en suivant l’Octuple Sentier (vision juste, pensée juste, intention juste, parole
juste, action juste, de corrects moyens de subsistance, effort juste, conscience juste et méditation juste).
Pour expliquer encore mieux la traduction erronée du terme Bonnō Soku Bodai, les désirs terrestres
sont l’illumination, nous devons, avant toute chose, examiner un peu plus en profondeur le mot Bonnō.
L’origine du terme Bonnō vient du mot sanskrit Klesha et signifie affliction.
Ces afflictions sont des problèmes liés à des dysfonctionnements cognitifs et émotionnels qui nous
affligent, tels que l’avidité, la haine, l’orgueil, l’ignorance, etc. … lesquelles, par conséquent, nous
créent des conditions de souffrance. Elles sont directement en relation avec des états mentaux qui nous
rendent agités, nerveux, confus, mal à l’aise, mécontents et ou malheureux.Page 2 sur 3
Les désirs matériels font partie intégrante des différents types de Bonnō. L’Abhidharma et les autres
enseignements Mahāyāna qualifient ces afflictions comme étant : l’avidité, la haine, l’illusion, l’orgueil,
une vision erronée. Le doute, la torpeur, l’agitation, l’effronterie et la témérité sont fortement influencés
et encore plus alimentés par les poisons de l’ignorance, de l’attachement et du désir, ainsi que par
l’agressivité, la colère, la haine, le ressentiment, l’égarement, l’apathie, l’orgueil, le manque d’estime de
soi-même, la jalousie, l’envie et la paranoïa.
L’autre problématique se situe dans la traduction du mot Soku de Bonnō Soku Bodai qui, parfois, est
traduit simplement par est ou est égal à. En examinant de plus près le mot dans le dictionnaire de Kanji
(lettres chinoises), le terme et caractère Soku peut avoir plusieurs sens, parmi lesquels: tel quel, se
conforme à, adapté à, se fonde sur, s’élève à, s’enracine dans, commence à fonctionner avec, est réglé
par, se transforme en et amène à.
Une vie contrôlée par des désirs ou des afflictions est misérable. Le bouddhisme nous enseigne la
manière de «dresser» nos émotions et notre mental pour ne pas être esclaves de nos désirs et de nos
attachements. Dans les écrits bouddhistes, une vie contrôlée par les désirs est symbolisée par les
«esprits affamés», ou par des personnes qui se trouvent dans l’état d’enfer. Dans le texte qui suit,
Nichiren Shōnin, en 1277, a mis en garde Shijō Kingo contre le fait de s’attacher aux désirs ou à
d’autres phénomènes éphémères de la vie:
Une personne véritablement sage ne se laissera jamais emporter par aucun des huit vents: la
prospérité, le déclin, la disgrâce, l’honneur, la louange, le blâme, la souffrance et le plaisir. Elle
ne se laissera ni exalter par la prospérité, ni affliger par les adversités. Les dieux célestes
protégeront certainement celui qui ne se plie pas face aux huit vents ( Shijō Kingo Dono
Gohenji – Réponse au Seigneur Shijō Kingo).
Nāgārjuna, dans son traité Daichido Ron (Traité sur le Sūtra de la Perfection de la Sagesse), nous
encourage quand il explique que «[le Sūtra du Lotus] est comme un grand médecin qui transforme
le poison en médecine. Le poison ce sont les afflictions qui créent notre souffrance. Pratiquer le
bouddhisme est le moyen de purifier nos vies et d’en ôter tout poison et toute souffrance.
À ce stade-là, peut-être me demanderas-tu: «Alors, je ne peux rien désirer dans la vie comme, par
exemple, aimer les autres, manger, travailler, faire les courses pour ma famille, ou souhaiter étudier le
bouddhisme? Tout est un désir, n’est-ce pas ?» «Oui, ce sont des désirs, mais être esclave d’un désir ou
d’un attachement est une chose, tandis que vivre la vie de tous les jours en est une autre. Lorsqu’ une
personne est si attachée à l’obtention de bénéfices et à la réalisation de ses propres désirs à tout prix,
elle risque d’être très égocentrique. Tout est basé sur «moi, moi, moi» ou «tout pour moi, moi, moi.
Moi d’abord; je m’en fiche des autres … etc. …». Ceci est en effet une maladie que nous voyons trop
souvent dans notre société. En examinant ce comportement extrême, qui nous mène à l’égocentrisme,
nous pouvons constater que ces personnes sont si concentrées sur elles-mêmes qu’elles ont du mal à
s’entendre avec ceux qui ne pensent pas comme elles ou qui n’ont pas la même opinion qu’elles.
Souvent, ne pouvant pas s’entendre avec les autres, ces personnes se fâchent et peut-être se disputent
très facilement ou fréquemment avec les autres. En outre, si une personne fonde sa philosophie de vie
sur l’obtention de «choses», elle risque de devenir avide. Lorsqu’ une personne est avide, elle n’estPage 3 sur 3
jamais satisfaite de rien, donc elle sera toujours insatisfaite et, par conséquent, elle cherchera toujours
à obtenir davantage. Ceci n’est pas le fondement d’un vrai bonheur pour la simple et bonne raison que
l’on fait dépendre celui-ci de quelque chose d’éphémère et d’extérieur à nous. Le jour où nous ne
réussirons pas à obtenir ce que nous désirons, cette attitude nous mènera, sans aucun doute, à une
grande souffrance. Le Buddha nous a enseigné que les trois poisons détruisent la qualité de la vie et
qu’ils nous apportent une grande souffrance. Ce sont les poisons de l’ignorance, de la colère et de
l’avidité.
Je reviens donc au point essentiel : où se situent les bénéfices dans la pratique de la Nichiren Shū et
dans le Sūtra du Lotus comme véritablement enseigné par Nichiren Shōnin ? Le vrai bénéfice de notre
pratique est toujours celui enseigné à l’origine par le Buddha Śakyāmuni, c’est-à-dire : pratiquer le
bouddhisme, libérer notre vie de la souffrance et obtenir une qualité de vie intérieure plus sage et
éclairée, grandir en tant que Bodhisattva et ouvrir la vie du Buddha dans notre quotidien. Cela est le
véritable bénéfice de la pratique bouddhiste ; tout le reste, nos petits désirs ou nos besoins quotidiens
seront satisfaits également.
Dans notre parcours de pratique bouddhiste, et pendant notre vie, il se peut que nous rencontrions des
problèmes à résoudre ou des exigences et des besoins particuliers à satisfaire ; c’est normal, cela fait
partie de la vie, mais une pratique basée exclusivement sur cela (c’est-à-dire sur l’atteinte des désirs
personnels) demeure à un niveau très bas. Au contraire, si l’on s’efforce d’utiliser ces premiers stimuli,
ou ces nécessités, pour commencer à marcher sur la Voie du Bodhisattva, notre vie commencera à se
transformer.
En ouvrant la porte à l’univers du Buddha, en poursuivant avec zèle ce parcours et en gardant toujours
en mémoire le but initial du Buddha Śakyāmuni et de Nichiren Shōnin, leur intention devrait devenir
aussi la nôtre. Avec cette attitude et avec cet objectif premier dans notre pratique, nous transformerons
certainement les souffrances et les afflictions initiales en illumination.
En cela consiste le véritable sens du principe très important de Bonnō Soku Bodai (“les désirs terrestres
et les diverses afflictions se transforment en illumination”).
J’espère que mon explication a été suffisante et utile.
Gasshō,
Namu Myōhō Renghe Kyō
Révérend Shōryō Tarabini
Le 7 octobre 2015

Urabon Gosho 盂蘭盆御書 うらぼんごしょ

Urabon Gosho
盂蘭盆御書
うらぼんごしょ
Page 1770 « showa Teihon Nichiren Shōnin Ibun »
Pages 171 , 172, 173, 174, 176. “Writings of Nichiren Shōnin, Faith and Practice Volume 4”
Traduction Gérard Shōyū Foureau, shami (novice) Nichiren Shū, temple Guhōzan Renkōji.

Introduction
Cette missive rédigée par Nichiren Shōnin au mont Minobu est adressée à la
grand-mère du Sieur Jibu dans la province de Suruga (préfecture de Shizuoka).
Le manuscrit original est composé de 17 pages et se trouve au Temple
Myōkakuji à Kyoto. Le gentilhomme Jibu se nomme Jibu-bō Nichii (1257-
1318), un disciple de Nichiren et a été déclaré comme l’un des chūrōsō (disciples
semi-aînés). Certains affirment que la grand-mère de Nichii s’appelait Nun
Myōi, mais rien n’a été confirmé dans ce sens. Il est dit que Nichii, un fils de
Nanjō Heishichirō, était à l’origine un prêtre de l’école Tendai et résidait au
temple Shijūju-in à Kambara (préfecture de Shizuoka). Jibu-bō a été converti au
bouddhisme de Nichiren par Nikkō et Nichiji.
La grand-mère de Nichii avait envoyé des provisions telles que du riz poli, du riz
grillé, des courges et des aubergines à Nichiren en offrande pour la cérémonie
d’Ullambana. Joint à son offrande, dans une lettre, elle demandait des
renseignements sur l’Ullambana. En réponse, Nichiren lui raconte l’origine de
la cérémonie d’Ullambana. Pour expliquer l’origine de cette cérémonie,
Nichiren introduit l’histoire de Maudgalyâyana et de sa mère, en lui expliquant
que même les pouvoirs divins surnaturels, ne pouvaient pas sauver ceux qui sont
passés dans le royaume des esprits affamés. Ce ne fut seulement que lorsque
Maudgalyâyana atteint la bouddhéité grâce au Sūtra du Lotus, que sa mère fut
sauvé du royaume des esprits affamés et devint Buddha.
Honorable écrit (lettre) sur la cérémonie d’Urabon
Réponse à la lettre de la grand-mère du
Prêtre Jibu-bō Nichii
Page 1 sur 71. Le Vénérable Maudgalyayana et sa mère
J’ai placé la balle de riz poli, le riz grillé, les courges, et les autres mets que j’ai
reçus de votre part devant l’autel du Budha et j’ai effectué une prière en votre
nom. En ce qui concerne la cérémonie d’Ullamba ; parmi les disciples du
Buddha, il y avait un homme qui s’appelait le Vénérable Maudgalyayana. En
comparaison de Śariputra, un autre grand disciple qui lui était connu comme le
premier en sagesse, Maudgalyayana était connu comme le premier en pouvoirs
surnaturels. Ils étaient comme le soleil et la lune planant ensemble au-dessus du
mont Sumeru, ou les ministres placés à la gauche et à la droite attendant près du
grand roi. Le père de Maudgalyayana se nommait Kissenshishi {sic} et sa mère
était Moggaliya. En raison de ses actes de cruauté et d’avidité, Moggaliya lors
de son décès avait été envoyé dans le monde des esprits faméliques jusqu’à ce
qu’elle puisse être sauvée par son fils. C’est l’origine de la cérémonie
d’Ullambana. Si l’on cherche à approfondir le sens de cette cérémonie, on
s’aperçoit que Maudgalyâyana ignorait les souffrances de sa mère dans le
monde des esprits affamés. Etant enfant, il avait reçu une éducation non-
bouddhiste dans le Brahmanisme, et maîtrisait toutes les écritures non-
bouddhistes telles que les quatre Védas et les dix-huit grands Sūtra, mais il était
toujours incapable de voir où sa mère était allée après sa mort. Plus tard, à l’âge
de 13 ans, Maudgalyâyana, avec Śariputra, rendit visite au Buddha Śakyamuni
et devint son disciple. Il fut un sage de premier rang en éliminant les
désillusions de la vue, fut promu au rang de arhat en surmontant les illusions de
la pensée, et obtînt les trois ou six sortes de pouvoirs supranaturels.
Avec ses yeux célestes grands ouverts, Maudgalyâyana, pouvait tout voir dans
les triples mille mondes (3 000 mondes) comme si tout reflétait dans un miroir
sans tache. Il était capable de voir partout sur la grande terre et dans les trois
domaines des démons. C’était comme si l’on cherche à voir le poisson sous l’eau
à travers la glace qui brille dans le soleil du matin. C’est alors qu’il vit sa mère
dans le monde des esprits affamés.
Sans rien à manger ni à boire, sa mère était émacié et sa peau ressemblait à un
faisan dont les plumes avaient été arraché, et ses os étaient usés à un point tel
qu’ils ressemblaient à des lignes de pierres rondes. Sa tête sans cheveux
ressemblait à une balle, son cou mince comme un fil, et son estomac était aussi
gonflé que l’océan. Son apparence, comme elle pria en ouvrant grand la bouche
et en pressant ses paumes, ressemblait à une sangsue flairant l’odeur des êtres
humains. Comment il était déchirant pour Maudgalyâyana de voir sa propre
Page 2 sur 7mère souffrir de la faim et de soif et les larmes lui venaient aux yeux! Devant sa
mère, sa tristesse était indescriptible.
Dans le passé Prêtre Shunkan, le gestionnaire du Temple Hōshōji à Kyoto fut
banni à l’île d’Yuōjiùa. Lorsqu’un ancien domestique du prêtre lui rendit visite,
Shunkan était nu, décharné et ses cheveux était suffisamment long pour couvrir
l’arrière de son cou. Il s’était rendu à la plage pour se reposer et des morceaux
d’algues étaient noués autour de sa taille. Avisant un poisson, il le saisit avec la
main droite et planta ses dents dedans. Qui se sentait le plus désoler, l’ancien
domestique de Shunkan qui vit la misère de son ancien maitre en exil ou le
Vénérable Maudgalyâyana qui vit sa mère dans le monde des esprits affamés?
Je crois que la douleur du Vénérable Maudgalyâyana était plus affligeante que
celle de l’ancien serviteur de Shukan.
Maudgalyâyana se sentit tellement désolé pour sa mère qu’il fit usage de ses
pouvoirs surnaturels pour lui faire parvenir un repas. Sa mère saisit le repas avec
plaisir de sa main droite et le porta à sa bouche tout en le couvrant avec la main
gauche. A ce moment, le repas fut transformé en feux, brulant avec de longues
flammes, comme si des mèches avaient été mises ensemble pour construire un
incendie, occasionnant à sa mère des brûlures partout. Choqué de voir cela,
Maudgalyâyana utilisa rapidement ses pouvoirs supranaturels pour lui verser de
d’eau. Cependant l’eau fut changée en bois de chauffage, ce qui provoqua
encore plus de brûlures à sa mère. C’était une scène horrible!
Réalisant que ses propres pouvoirs supranaturels ne suffisaient pas pour sauver
sa propre mère, Maudgalyâyana se hâta pour rencontrer le Buddha et s’écria:
– Je suis né dans une famille non-bouddhiste, mais je suis devenu un
disciple du Buddha et je suis parvenu au rang de arhat, je me suis libéré
de la chaîne de la vie et la mort dans le triple monde, et ai obtenu les trois
ou six pouvoirs supranaturels de arhat. Cependant, quand j’essaye de
sauver ma mère de la grande souffrance dans le monde des esprits
affamés, je ne parviens qu’à intensifié sa souffrance. Je suis accablé de
chagrin.
Le Buddha lui répondit que les offenses de sa mère étaient trop graves pour
qu’il puisse seul la sauver. Peu importe le nombre de personnes qu’il y ait, les
pouvoirs de ceux-ci comme les êtres célestes, les dieux, les démons terrestres,
les non-bouddhistes, les prêtres taoïstes, les Quatre Rois Célestes, Indra et le roi
Brahma ne pourraient pas la sauver. Tu peux seulement sauver ta mère de la
Page 3 sur 7souffrance en rassemblant des prêtres sages dans tous les mondes à travers
l’univers au 15 ème jour du 7 ème mois et tu les invites à un festin. Ainsi
Maudgalyâyana organisa une fête selon les instructions du Buddha et sa mère pu
échapper aux souffrances dans le monde des esprits affamés durant un kalpa
(éon). C’est ce qui est enseigné dans le Sūtra d’Ullambana.
Se conformant à ceci, les gens des derniers jours du Dharma, la période
dégénérée après la disparition du Buddha observent la cérémonie d’ullambana
chaque année le 15 ème jour du 7 ème mois. Aujourd’hui, il s’agit d’une pratique
courante reconnue comme un événement annuel.
2. Vénérable Maudgalyảyana et le Sūtra du Lotus
Quand, moi, Nichiren, considère Maudgalyâyana qui était un homme du
domaine de şrảvaka parmi les dix domaines des êtres vivants, qui observait les
250 préceptes aussi fermement qu’une pierre dure, se maintenant de 3000
manières solennelles aussi parfaitement que la pleine lune la nuit du quinzième
jour (du mois lunaire). Sa sagesse était aussi vaste et profonde que le soleil, et
ses pouvoirs surnaturels étaient tels qu’il pouvait faire le tour du Mont Sumeru
quatorze fois et secouer cette grande montagne. C’était un homme tellement
saint mais cependant il était incapable de rembourser une dette de gratitude
pour sa mère à qui il devait beaucoup. Quand il essaya de rembourser sa dette de
reconnaissance par tous les moyens, au lieu d’alléger ses souffrances sévères, il
ne fit que les amplifier. Comparés à Maudgalyayana, ces prêtres d’aujourd’hui
qui prétendent observer les 250 préceptes ne le font seulement qu’en paroles.
Sous prétexte de les observer, ils trompent les gens, mais ils ne le font pas du
tout pour avoir des pouvoirs surnaturels. Ils sont comme un énorme rocher qui
essaye de voler dans ciel. Leur sagesse est équivalente à une vache ou un
mouton. Même si un millier ou dix mille de ces personnes se réunissent,
comment peuvent-ils apporter un soulagement même à un seul des parents qui
souffre?
En dernière analyse, il s’avère que la raison pour laquelle Maudgalyayana ne
pouvait pas sauver sa mère de la souffrance, c’est qu’il était un croyant du
bouddhisme Hinayana et qu’il en observait les préceptes. En conséquence, il est
enseigné dans le Sūtra de Vimalakîrti qu’un homme nommé Vimalakîrti critiqua
Maudgalyâyana en disant :
– de toute façon, celui qui vous fait des offrandes tombera dans les trois
mondes maléfiques (l’enfer, monde des esprits affamés et celui des bêtes)
Page 4 sur 7Cette déclaration scripturale signifie que ceux qui vénèrent et font des offrandes
à Maudgalyâyana, défenseur des 250 préceptes, tomberont dans les trois mondes
maléfiques. Cela s’applique non seulement à Maudgalyâyana mais aussi à tous
les disciples şravảka et croyants des préceptes du Hinayana à l’époque
dégénérée des Derniers jours du Dharma
Comparé au Sūtra du Lotus, le Sūtra Vimalakîrti se tient une bonne vingtaine de
degrés en dessous. Après tout, c’est parce Maudgalyayana n’était pas encore
devenu un Buddha. Ainsi sans être un Buddha lui-même, comment pouvait-il
sauver ses propres parents, encore moins d’autres personnes?
Néanmoins, en adhérant au Sūtra du Lotus, qui enjoint aux croyants abandonner
les enseignements provisoires, Maudgalyâyana immédiatement rejeta les 250
préceptes du Hinayana et scanda Namu Myō Rengué kyō et devint le Buddha
appelé Fragrance de bois de santal (Tamāla-patra-candana-gandha). C’est à ce
moment que ses parents, aussi, sont devenus Buddha. Par conséquent, il est
indiqué dans le Sūtra du Lotus :
– Nos vœux ont déjà été exaucés, et les désirs de la multitude sont été
également satisfaits. »
Maudgalyâyana a hérité son corps et son esprit de ses parents. Lorsque l’entité
que constitue son corps et son esprit deviennent Buddha, celle de ses parents
atteint aussi la bouddhéité.
3. La chute du clan Taira
En utilisant un autre exemple, sous le règne de l’empereur Antoku, le premier des
quatre-vingt-souverain du Japon, vivait un homme appelé Kiyomori, le
gouverneur de la province d’Aki qui était à la tête du clan Taira. Il gagna
plusieurs guerres contre les ennemis du gouvernement impérial, ainsi Kiyomori
monta en grade, devenant ainsi le premier ministre, le rang le plus élevé parmi
les fonctionnaires impériaux. L’empereur régnant avait un petit-fils et tous les
membres de son clan occupaient les plus hauts échelons de la noblesse et de la
bureaucratie. Ils monopolisaient le pouvoir sur 66 provinces et sur les deux îles
et dominaient tous les habitants du Japon comme un vent trop violent couche
les plantes. En conséquence, ils devinrent arrogants et adoptèrent un
comportement hautain et jusqu’à la fin, ils offensèrent les dieux et les Buddha en
essayèrent de contrôler les prêtres shintoïstes et bouddhistes. Finalement, ils
devinrent les ennemis du Mont Hiei et des sept grands temples de Nara, et
Page 5 sur 7brûlèrent les temples Tōdaiji et Kofukuji parmi les sept temples le 22 ème jour du
12 ème mois dans la 4 ème année de l’ère de Jishō (1180). Cette grave offense
toucha ainsi le prêtre séculier Kiyomori, qui, le 4 ème du 2 ème mois de l’année
suivante, la première année de l’ère de Yowa, décéda d’une fièvre élevée avec le
corps bouillant comme la combustion du charbon et du sang dans les flammes.
Héritant de cette grave offense, Munémori, le deuxième fils de Kiyomori, faillit
se noyer dans la mer de l’Ouest, puis fut capturé et envoyé à Kamakura à l’Est et
considéré comme un prisonnier de guerre par le général de droit Minamoto
Yoritomo. Le troisième fils Tomomori se noya dans la mer et devint un
excrément de poisson, tandis que le quatrième fils Shigehira, fut lié avec une
corde, envoyé de Kyoto à Kamakura, puis à Nara, où il avait détruit les sept
grands temples. Il fut haché en pièces par des dévots bouddhistes, au nombre de
cent mille, comme l’ennemi de leur Buddha.
Le plus grand mal survient non seulement à celui qui a commis l’offense, mais
aussi à ses enfants, ses petits-enfants et toute la lignée sur sept générations. Il en
est de même pour le plus vertueux des vertueux.
La grande vertu du Vénérable Maudgalyâyana, en ayant foi dans le Sūtra du
Lotus lui permit non seulement de devenir Buddha, mais aussi ses parents. De
plus les ascendants et descendants pendant sept générations, ainsi que tous les
ascendants et descendants dans des générations illimitées sont devenus Buddha
de façon inattendue. De surcroit, les fils, les maris et les épouses, leurs
serviteurs, les dévots, et un nombre incalculable de personnes se sont non
seulement libérés du monde des trois royaumes maléfiques mais aussi sont tous
entrés dans le rang de shojū et finalement ont atteint l’état de Bouddha.
Par conséquent, il est enseigné dans le Sūtra du Lotus, chapitre V (la Parabole
de la ville magique) :
– ce mérite doit être étendu à tous les êtres vivants, afin que nous et tous les
autres puissent atteindre la bouddhéité ensemble.
4 L’assurance donnée à la grand-mère de devenir Buddha
En considérant la réalisation de la bouddhéité par le Vénérable Maudgalyâyana
et par sa mère, tu as un petit-fils, le gentilhomme Jibu, qui est un prêtre
bouddhiste. Ce prêtre n’est ni un défenseur des préceptes ni particulièrement
riche en sagesse. Il n’observe même pas un des 250 préceptes ni ne maintient
l’une des 3000 règles solennelles de conduite. Sa sagesse est équivalente à celle
Page 6 sur 7d’un cheval ou d’une vache alors que sa dignité est celle d’un singe. Néanmoins,
ce qu’il vénère est le Buddha Śakyamuni et il a porté sa foi dans le Sūtra du
Lotus. C’est comme un serpent tenant un joyau ou un dragon tenant avec
gratitude les reliques du Buddha dans le corps du Dharma.
Un pied de glycines peut monter au dessus d’une vallée profonde en
s’accrochant à un pin, une grue peut voler sur la distance de 10 000 li en
s’appuyant sur ses ailes. Ceci, ils ne l’accomplissent pas de part leur propre
force. C’est la même chose avec le gentilhomme Jibu. Il est semblable à un pied
de glycines, mais il sera en mesure de s’élever au plus haut rang de
l’illumination en s’accrochant sur le pin qu’est le Sūtra du Lotus. Il pourra voler
dans le ciel de la lumière tranquille en s’appuyant sur les ailes du véhicule
unique de l’enseignement du Sutra du Lotus. C’est un prêtre bouddhiste qui peut
faire usage de sa paire d’ailes afin de prier pour le repos de ses parents, de ses
grands-pères, de ses grands-mères et de tous les descendants pour sept
générations. Tu es la dame qui possédez un tel précieux trésor, n’est-ce pas?
Une jeune fille dragon offrit un bijou précieux au Buddha et ainsi devint
Buddha. Tu as élevé ton petit-fils comme un pratiquant du Sūtra du Lotus, ce
qui te mènera à l’état de Buddha. Il y a diverses questions qui me tiennent
occupé mais je ne peux pas parler en détail pour le moment. Je t’écrirai de
nouveau. Respectueusement.
Le 13 ème jour du 7 ème mois (1280) Nichiren (apposée, signature fleurie kao)
En réponse à la Dame, la Grand-mère de prêtre Jibu-bō Nichii

Les traditions et les significations de la cérémonie de O’segaki et de O’bon

Sermon pour le dimanche 22 juillet 2012
Rév. Shoro Tarabini, Temple Renkoji

Bonjour à toutes et à tous.
Je souhaiterais débuter mon sermon d’aujourd’hui, tout d’abord, en remerciant toutes les personnes
qui sont venues au temple pour prier, pendant la cérémonie annuelle de O’bon, pour leurs ancêtres,
pour les croyants du temple, pour les amis et pour les personnes proches décédés.
En ce moment, nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie à la restructuration et à la
rénovation du temple, ainsi qu’aux diverses traductions et à d’autres projets. Pour ces raisons,
aujourd’hui, j’ai décidé de faire la cérémonie de manière plus simple. Cette année-ci, notre pratique
de O’bon s’est tenue sur deux dimanches, le 15 juillet et aujourd’hui, le 22 juillet, pour permettre au
plus grand nombre de venir au temple pour réciter le Sûtra du Lotus, l’Odaimoku et offrir des
prières pour les défunts.
J’imagine que vous avez remarqué que sur l’autel il y a une tablette laquée en noir comportant une
inscription dorée. Sur un côté de celle-ci, se trouve une prière pour tous les esprits des ancêtres et
pour tous les autres croyants et disciples bien aimés du temple ; sur l’autre côté, il y a une prière
pour les esprits de tous les êtres vivants. Chaque jour, je répète des prières pour eux tous. Mais,
aujourd’hui, nous consacrons une journée spéciale de prières pour toutes ces personnes aimées
défuntes.
Au Japon, à cette période, la pratique de O’bon normalement se fait pendant trois jours de fête, soit
à la mi-août (selon la date du vieux calendrier lunaire), soit à la mi-juillet (selon le calendrier
solaire). À Tokyo, par exemple, O’bon est observé pendant le mois de juillet, tandis que dans des
villes telles que Osaka ou Kyoto, dans la zone occidentale et dans les autres provinces, il est
observé au mois d’août, le même jour où est célébrée, en Italie, l’Assomption (15 Août).
Le mot «O’bon» est une abréviation du mot Urabon qui provient du mot original sanscrit
Ullambana. Dans la tradition, Ullambana est observé du 13 e au 15 e jour du septième mois (au Japon
il est subdivisé en deux parties : la bienvenue et l’adieu à O’bon). O’bon n’est pas une cérémonie
bouddhiste exclusivement japonaise, mais est également célébré dans beaucoup d’autres pays
adeptes du Bouddhisme Mahayana. Par exemple, dans le bouddhisme chinois, cette fête est appelée
Yu Lan, ou la Fête des Esprits Affamés. Au Vietnam, elle s’appelle Tet Trung Nguyen. À l’origine,
O’bon était tout simplement une fête célébrée à l’occasion de l’ouverture des portes de l’enfer,
lorsqu’on permettait aux esprits de recevoir de la nourriture et à boire.
Au Japon, la fête de O’bon a été élargie ; depuis sa forme originelle du passé prévue pour prier
seulement pour les esprits affamés qui souffrent en enfer, elle est maintenant devenue aussi une
occasion spéciale pour se souvenir et honorer les esprits de nos ancêtres et de tous les défunts que
nous avons aimés. Actuellement, cette commémoration inclut également une période de congés
favorisant les réunions familiales pendant lesquelles les gens ont la possibilité de retourner à leur
terre d’origine pour rendre visite et nettoyer les tombes des leurs ancêtres. Tout le monde quitte les
grandes villes pour prier, tous ensemble avec les autres membres de la famille, les ancêtres et les
défunts bien-aimés. On dit que, pendant cette période, tous les morts reviennent du monde spirituel
à leurs terres d’origine. Ainsi, une fois par an, toute la famille est à nouveau réunie.
Au cours de la première soirée de la fête de O’bon, des lanternes sont allumées à l’entrée desmaisons pour éclairer le sentier de façon à ce que les défunts puissent voir le chemin pour rentrer
chez eux. À l’intérieur des maisons, des autels spéciaux sont construits pour célébrer l’événement
avec des offrandes de nourriture pour les défunts. Pendant la période de O’bon, le moine du temple
de la famille est invité à réciter le Sûtra et à prier pour les ancêtres de la famille, face au Butsudan
ou à l’autel de la famille.
À l’époque de O’bon, il y a aussi quelques fêtes plus joyeuses comme, par exemple, la danse de Bon
Odori ; au Japon, cette tradition existe depuis plus de 500 ans. Je reparlerai de cette danse d’ici peu.
La fête de O’bon se termine souvent par une cérémonie pendant laquelle on fait flotter des lanternes
en papier, appelées Tōrō Nagashi, sur les eaux d’un fleuve, d’un lac ou même dans la mer, pour
saluer tous les bien-aimés de la famille qui ensuite repartent pour le monde spirituel.
Dans certaines zones du Japon, comme par exemple à Okinawa, après avoir nettoyé le tombeau de
famille, cette dernière prépare un repas, sorte de pique-nique, et tout le monde déjeune, danse et
chante à proximité de la tombe afin de partager ce moment de liesse avec les proches défunts. Toute
cette période enchanteresse n’est pas exclusivement consacrée aux morts, mais aussi à toute la
famille selon une coutume bouddhique. Toute cette cérémonie se déroule d’une façon solennelle,
mais aussi avec joie car, en cette période, il est possible de se réunir à nouveau avec toute la famille.
J’espère, de tout mon cœur, qu’un jour ces traditions s’implanteront en Italie et dans toute l’Europe.
Aujourd’hui, la cérémonie au Temple s’est déroulée de façon très simple de sorte que tout le monde
ait pu commencer à en comprendre en profondeur le sens et l’esprit. Ainsi, nous pouvons célébrer
tous ensemble la cérémonie de Ullambana-Obon. L’année prochaine, nous préparerons la cérémonie
de Osegaki pour prier pour tous les esprits affamés et souffrants qui résident en enfer et pour faire
également l’offrande de Toba et d’autres prières pour nos ancêtres, nos parents, nos amis et nos
proches défunts.
À présent, je voudrais parler de l’histoire de la cérémonie de O’bon, également appelée Fête des
Morts. Comme mentionné plus haut, le terme O’bon vient de Urabon qui provient du mot
Ullambana. «Ura» de Urabon signifie littéralement «l’agonie d’être suspendu à l’envers» ; ce qui
représente le sentiment de désespoir quand on fait l’expérience d’une terrible souffrance, tandis que
«bon» est un plateau utilisé comme support pour soulager la souffrance. La cérémonie de Obon est
une tradition spéciale pendant laquelle, un fois par an, on rend hommage aux parents, aux grands-
parents et à d’autres aïeux décédés et durant laquelle on prie afin que les personnes décédées
puissent être libérées des souffrance de l’enfer et obtenir l’éveil. Pendant la période de Obon, on
observe la cérémonie de Osegaki pour prier pour tous les êtres vivants afin que eux aussi puissent
être soulagés et, par la suite, libérés de toute souffrance.
Les origines de cette cérémonie se situent dans le récit du Vénérable Maudgalyayana, l’un des dix
principaux disciples du Bouddha Sakyamouni. Cet épisode est expliqué dans le Ullambana Sûtra, le
Bussetsu Urabongyō, plus connu sous le nom de «Le Bouddha parle de l’Ullambana Sûtra». Ce
Sûtra a été traduit du sanscrit au chinois ancien par les soins de Dharmaraksa (lequel a également
traduit l’une des versions du Sûtra du Lotus du sanscrit au chinois classique).
Maudgalyayana a été considéré comme l’un des deux principaux disciples du Bouddha, l’autre étant
Sharipūtra. Sharipūtra était connu pour sa grande sagesse et connaissance, tandis que
Maudgalyayana pour ses pouvoirs spirituels et sa force psychique.
La mère de Maudgalyayana, Shodainyo, mourut quand celui-ci n’était encore qu’un très jeune
garçon. La présence d’une mère, dans sa vie, lui manquait. En grandissant, et même à l’âge adulte, il
s’attrista de ne pas avoir la possibilité de prendre soin de sa mère pendant sa vieillesse. Ainsi,Maudgalyayana pensait beaucoup à sa mère et il se demandait souvent quel avait été son sort. Un
jour, Maudgalyayana utilisa ses pouvoirs psychiques et découvrit que sa mère était tombée dans
l’enfer de la faim. Il vit sa mère décharnée par l’inanition. Encore debout, elle avait la bouche
ouverte et implorait l’aumône. Maudgalyayana fut bien évidemment bouleversé de voir sa mère
dans de telles horribles conditions. Il souhaita l’aider et se servir de ses pouvoirs surnaturels pour la
rassasier. Ainsi, il offrit de la nourriture à sa mère, mais lorsque celle-ci l’apporta à la bouche, tout
se transforma en flamme. Maudgalyayana fut très secoué par cette scène et envoya immédiatement
de l’eau à sa mère et la lui versa dessus. Cependant, cette eau se transforma tout de suite en huile, ce
qui provoqua du feu dans sa bouche, lequel se propagea à tout son corps. Ce dernier brûla pendant
que sa mère, dans son agonie, criait : «À l’aide ! À l’aide !». Maudgalyayana était désespéré et
voulait aider sa pauvre mère. Se rendant compte qu’il n’était pas en mesure de l’aider véritablement,
Maudgalyayana demanda au Bouddha son assistance.
Le Bouddha Sakyamouni expliqua à Maudgalyayana que, lorsqu’elle était encore en vie, sa mère
avait été une personne très avide et, même quand elle essayait d’aider son fils, elle commit de
mauvaises actions. Elle était donc en train de payer les conséquences de ses actions et d’une vie
entièrement vouée à l’avidité ; c’est pour cette raison qu’elle souffrait. Le Bouddha expliqua à
Maudgalyayana qu’il ne lui restait plus qu’une seule voie pour sauver sa mère de la souffrance : il
allait devoir offrir, au nom de sa mère, de la nourriture et de l’eau à tous les moines à la fin de la
retraite Ango.
La retraite Ango était un événement, d’une durée de trois mois, que tous les moines respectaient
pendant la période des pluies. À cette époque, ils s’enfermaient dans le monastère pour méditer et
pour écouter des discours variés sur le Dharma. Ne pouvant donc pas sortir du monastère, ils ne
pouvaient pas non plus demander l’aumône. Le Bouddha demanda à Maudgalyayana d’attendre la
fin de la retraire, le 15 e jour du septième mois, pour faire les offrandes aux moines. Agissant ainsi, il
allait pouvoir accumuler beaucoup de mérites et sauver sa mère.
Maudgalyayana fit exactement ce que le Bouddha lui avait dit de faire et ainsi sa mère fut sauvée de
son agonie. Lorsque Maudgalyayana vit que sa mère avait été enfin sauvée de sa souffrance, il fut
empli d’un grand bonheur et il commença à danser de gratitude et de joie. La danse de Obon, c’est-à
-dire le Bon Odori, fut créée à partir de cet épisode. Ensuite, le Bouddha Sakyamouni dit de
continuer à faire cette offrande tous les ans, et pas seulement pour sa mère, mais aussi pour les
parents de celle-ci et pour tous ses aïeux. C’est de cet événement qu’est née la tradition de Urabon
qui, de nos jours, est adoptée et observée par tous les types de bouddhisme Mahayana.
Nichiren Shonin traita des origines et du sens de la Cérémonie de Obon dans une lettre, intitulée Le
Gosho de Urabon, adressée en 1279 à la grand-mère de l’un de ses disciples, Jibu-bō. Dans cette
lettre, Nichiren Shonin nous enseigne que grâce à notre foi et à nos offrandes au Sûtra du Lotus
nous pouvons, nous-mêmes ainsi que nos parents, nos ancêtres et tous nos proches, parvenir à
l’éveil.
Le vénérable Maudgalyayana mit toute sa foi dans le bien suprême du Sûtra du Lotus et ainsi il
atteignit la Bouddheité, de même que son père et sa mère. En outre, aussi surprenant que cela puisse
paraître, tous ses ancêtres des sept générations précédentes et toutes les sept générations suivantes
devinrent des Bouddhas.
D’après ce texte des écrits de notre Fondateur, nous pouvons voir très clairement comme il est
important de réciter le Sûtra du Lotus et l’Odaimoku pendant que nous prions pour nos ancêtres, et
d’offrir Toba ; ceci, en effet, apporte des mérites non seulement aux autres, mais aussi à nous-même.
Auparavant, je vous ai dit que la signification littérale du mot Urabon est «l’agonie d’être suspendu
à l’envers», ce qui illustre bien le sens de faiblesse et d’être sans défenses lorsque nous sommesconfrontés à la vraie souffrance ; «bon» est le plateau, ou vaisseau, qui peut apporter de l’aide, un
soutien, ou soulager la souffrance. Ce vaisseau, qui peut éliminer la souffrance et, par la suite,
conduire une personne vers le bonheur, est le Sûtra du Lotus et l’Odaimoku de Namu Myoho Renge
Kyo. En cette vie-ci, néanmoins, il n’y a que nous qui puissions servir le plateau à nos parents, aux
membres de notre famille décédés et aux ancêtres. C’est précisément parce que les défunts ne
peuvent plus réciter pour eux-mêmes que nous, les vivants, prenons la responsabilité de réciter et de
prier pour eux.
Dans la tradition, pendant la période de Obon, nous invitons le moine de notre temple local de la
Nichiren Shū à venir chez nous pour réciter le Sûtra devant l’autel familial. Au sein de la Nichiren
Shū, nous participons également à la cérémonie de Osegaki au Temple ; cérémonie qui est célébrée
pour les esprits de tous les défunts. À cette occasion, nous offrons Toba à chacun de nos ancêtres;
ensuite, après la cérémonie, nous l’emmenons à leurs tombes et nous récitons le Sûtra et
l’Odaimoku.
Pendant la cérémonie solennelle de Osegaki, nous offrons aux esprits de tous les défunts les
«drapeaux de Osegaki» contenant des passages du Sûtra du Lotus écrits à la main. Nous offrons
ensuite ces «drapeaux de Osegaki» aux défunts, en les mettant dans un bol de riz lavé de manière à
ce que, à travers le Sûtra du Lotus, ils puissent être nourris et donc soulagés de la faim, de la
souffrance et entrer dans le règne du Bouddha. En outre, étant donné qu’en cette période il fait
chaud, nous mouillons légèrement le riz avec de l’eau fraîche. Unis à notre récitation sincère du
Sûtra et de l’Odaimoku, ces drapeaux Osegaki extirpent la malchance, transforment le mal et
n’importe quelle affliction, allongent la vie et augmentent la bonne fortune pour les défunts et pour
ceux qui sont en train d’offrir les prières. Comme déjà expliqué, pendant cette cérémonie, on offre
des Toba pour les défunts et, après la cérémonie, ceux-ci sont répartis sur chaque tombe. On peut
offrir ces Toba aussi bien à nos ancêtres et aux membres défunts de notre famille, qu’aux amis, aux
collègues, aux autres proches et même à nos animaux préférés qui sont morts.
Ainsi, non seulement nos ancêtres et nos parents défunts, nos amis, nos collègues, nos proches ou
nos animaux favoris recevrons les merveilleux mérites du Bouddha, mais nous aussi nous tirerons
un bénéfice profond de nos efforts pour offrir ces prières et Toba. Dans son écrit Shiiji Shirō Dono
Gosho – Un navire pour traverser la mer [des souffrances] de naissance et de mort, Nichiren
Shonin nous explique : «Le Bouddha Sakyamouni est l’homme à la barre, le Bouddha Taho hisse les
voiles, les Quatre Bodhisattva de la Terre, guidés par le Bodhisattva Jōgyō et les autres, font des
efforts à l’unisson avec les rames stridentes. Ceci est le navire de la phrase «Nyo to toku sen» («le
navire qui nous conduit vers la berge opposée, celle des mérites [de la vie éclairée] du Tathāgata»).
À son bord, se trouvent les disciples et les adeptes de Nichiren. Crois en cela de tout ton cœur.
Quand tu iras rendre visite à Shijō Kingo, parle-lui avec beaucoup de sincérité».
En réfléchissant à tout cela, nous pouvons constater que, en observant cette cérémonie significative
de Ullambana, nos parents – aussi bien ceux de la présente vie que ceux des vies précédentes –
recevront tous les mérites et les bienfaits du Dharma, que leur karma négatif sera éradiqué et leurs
vies purifiées. Tandis que nous exprimons notre amour à nos parents, à nos grands-parents, à nos
ancêtres et à toutes les personnes qui comptent beaucoup pour nous, nous manifestons également
notre piété filiale. Comme l’a fait le Vénérable Maudgalyayana, continuons toujours de faire de
notre mieux en célébrant les cérémonies de Obon et Osegaki chaque année au Temple et efforçons-
nous de conserver notre pratique et notre foi quotidiennes dans la récitation du Sûtra du Lotus et de
Odaimoku. De cette façon, nous pourrons conduire tous nos parents, notre famille, nos aïeux, nos
amis, nos proches défunts vers la Bouddheité et, enfin, vers le bonheur et la libération de toutes
formes de souffrance.
Gassho, Namu Myoho Renge KyoPhoto
Offrande de Toba
Photo
Offrande de Toba, nourriture et eau aux défunts, pendant la cérémonie de Osegaki.

A l’hiver succède toujours le printemps

妙一尼御前御返事
法華経を信ずる人は冬のごとし、冬は必ず春となる。いまだ昔よりきか
ずみず、冬の秋とかへれる事を。いまだきかず、法華経を信ずる人の凡
夫となる事を。経文には『若有聞法者無一不成仏』ととかれて候
Hokekyō wo shinzuru hito wa fuyu no gotoshi, fuyu wa kanarazu haru to naru.
Imada mukashi yori kikazu mizu, fuyu no aki to kaereru koto wo. Imada kikazu,
Hokekyō wo shinzuru hito no bombu to naru koto wo. Kyōmon ni wa “nyaku u
mon pō sha, mu ichi fujō Butsu to tokarete sōrō.

Myōichi-Ama Gozen Gohenji (Réponse à Myoichi-Ama – A l’hiver succède
toujours le printemps)
Ceux qui croient dans le Sūtra du Lotus sont dans une situation comparable à
l’hiver qui ne manque jamais de se transformer en printemps. Je n’ai jamais vu ni
entendu dire que l’hiver retourne à l’automne. Je n’ai jamais entendu dire non plus
que des croyants du Sūtra du Lotus soient restés de simples mortels. Une phrase
du Sūtra dit :
– De tous ceux qui entendent le Dharma, il n’en est pas un seul qui ne parviendra
pas à l’Eveil.

Les mots de Dengyō Daishi

« Un corps humain est très rare à obtenir et très transitoire. La vertu et la conscience sont très difficiles à nourrir et faciles à perdre. Shakyamuni Bouddha a expliqué la difficulté de recevoir un corps humain, en le comparant à une aiguille dans l’océan et un fil du ciel se réunissant .  »  » Ganmon; L’énoncé des vœux de Saichō « 

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Traduction

Il est très rare de naître un être humain. Même si nous naissons un être humain, notre corps est très variable et transitoire. La vertu et la conscience sont très difficiles à nourrir. Même si la vertu et la conscience se posent, nous sommes susceptibles de les perdre. Le roi Dharma Shakyamuni Bouddha a expliqué la difficulté de naître un humain en utilisant la métaphore d’un fil qui traverse le sommet du mont. Sumeru, la plus haute montagne de la cosmologie bouddhiste, enfilant l’œil d’une aiguille au fond d’un océan profond.

Interprétation

Nous sommes prêts à prendre pour acquis que nous sommes nés un être humain, cependant, les sūtras bouddhistes nous expliquent que nous sommes dans un cycle continu de naissance, de mort et de renaissance. Chaque fois que nous quittons ce monde, nous serons réincarnés dans l’un des six domaines; Le royaume des êtres surnaturels tels que les saints bouddhistes qui manquent d’omniscience et moralement incomplets [ dix ], le royaume des êtres humains avec l’illusion et l’affliction [ ningen ], le domaine de la violence et de la colère [ shura ], le domaine des animaux avec ignorance et L’instinct [ chikushō ], le domaine de la famine et de la faim [ gaki ], les enfers [ jigoku ]. Si nous pratiquons des actions vertueuses et bonnes, nous pouvons renouer dans le domaine des saints bouddhistes, cependant, si nous faisons des actes pécheurs et méchants, tels que le fait de tuer avec mépris, de voler ou de mentir, nous devons subir la renaissance dans les rois de l’enfer ou le Règne de faim. De cette façon, Dengyō Daishi a indiqué que notre existence est instable et en constante évolution et a déclaré: «Un corps humain est très rare à obtenir et très transitoire.» Nous pouvons renaître dans le domaine des êtres humains en pratiquant des actions vertueuses et bonnes et en élevant Notre vertu et notre conscience. Cependant, la vertu et la conscience sont très difficiles à nourrir et faciles à perdre, et les bonnes et les bonnes actions sont très difficiles à pratiquer. Il n’est pas facile de renaître dans le royaume des êtres humains et, pourtant, cette impossibilité proche, semblait être aussi difficile que d’enfiler une aiguille au fond d’un océan profond en accrochant un fil du haut du mont. Sumeru, est possible. Notre existence ici en tant qu’êtres humains témoigne clairement de cette possibilité.

Nous, les êtres humains, surpassons tous les êtres vivants appartenant aux quatre royaumes des royaumes de l’enfer au domaine de la violence et de la colère, dans notre capacité à connaître les enseignements du Bouddha, à prendre conscience de l’impermanence de toutes les choses dans l’univers et Pour mettre en pratique les enseignements du Bouddha. En outre, le royaume des êtres humains est relativement proche de la porte de la Bouddhéité. Vu sous cet angle, notre existence en tant qu’êtres humains est exceptionnellement rare, et notre vie est courte et muette. Notre existence en tant qu’êtres humains est une opportunité très précieuse. Saichō a prêché que tous les êtres humains doivent être traités avec respect et dignité.

« Un ancien sage a dit une fois que la personne qui peut bien parler mais qui ne peut pas bien agir est enseignante de la nation. La personne qui peut agir bien mais ne peut pas bien parler est un atout de la nation. La personne qui peut parler et agir bien est un trésor d’une nation. La personne qui ne peut pas parler ou agir bien est un traître pour la nation.  »  » Sange-gakushō-siki;Règlement sur les moines de la dénomination Tendai « 

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Traduction

Un ancien sage a dit une fois que la personne qui peut bien parler mais qui ne peut pas agir bien est un enseignant de la nation. La personne qui peut agir bien mais ne peut pas bien parler est un atout de la nation. La personne qui peut parler et agir bien est un trésor d’une nation. Un trésor d’une nation est le plus élevé. Un enseignant ou un atout d’une nation est classé au milieu. Celui qui ne peut pas parler ou agir bien est le classement le plus bas et, en outre, se heurte aux intérêts de la nation et est un traître pour la nation.

Interprétation

Dengyō Daishi a décrit le personnage du moine idéal de Tendai qui serait cultivé par une formation sur le mont. Hiei en citant les anciens versets chinois du Mouzi-lihuo-lun ( Mois Mou’s Traatise Dispelling Doubts ), qui a été écrit par Mou-Rong. Dengyō Daishi a cherché à cultiver du talent et à faire en sorte que ceux qui parlent et agissent soit un trésor de la nation, ceux qui pourraient bien parler mais qui ne peuvent pas bien agir à la nation et ceux qui pourraient bien agir mais ne pas bien parler d’un atout De la nation. Ceux qui parlent ou agissent bien le font par leur capacité à sympathiser avec les autres et à juger leur propre comportement suivant la pensée et l’éthique bouddhistes. Les talents de parler et d’agir servent de trésors pour la nation et les gens qui y vivent. Dengyō Daishi a également déclaré dans les tons d’âme que l’homme qui ne peut pas parler ou agir bien est un traître de la nation. Ses commentaires s’adressent à ceux qui refusent d’enseigner ou de servir d’atout même s’ils ont suffisamment de talent pour le faire et ceux qui sont satisfaits ou égoïstes. Ceux qui n’utilisent pas leurs talents pour d’autres sont des traîtres pour la nation. Dengyō Daishi a essayé de concevoir son bouddhisme idéal en offrant à toutes les personnes l’occasion d’afficher leurs talents et leurs individualités.

« En Occident, celui qui veut atteindre l’illumination s’appelle bodhisattva. Dans l’Est, il s’appelle un homme de vertu. Acceptez les épreuves volontairement et passez bien aux autres. C’est la forme ultime de compassion pour s’emparer de soi et profiter aux autres.  »  » Sange-gakushō-siki; Règlement sur les moines de la dénomination Tendai « 

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Traduction

Celui qui désire atteindre l’illumination est appelé bodhisattva en Occident (Inde), et une personne de la vertu dans l’Est (Chine). Nous devrions accepter les difficultés, ce qui est indésirable ou indésirable, volontairement, sans inciter les autres à entreprendre de telles difficultés et à transmettre à d’autres le bonheur, les travaux faciles ou le confort. C’est la forme ultime de la compassion pour en profiter.

Interprétation

Ceux qui désirent atteindre l’illumination croient que le fait de bénéficier aux autres a priorité sur les avantages personnels suite à l’enseignement bouddhiste de la compassion. Les bodhisattvas dans les sūtras indiens ou les hommes de la vertu dans les classiques chinois sont appelés par des noms différents, mais ces noms indiquent celui qui désire atteindre l’illumination.

« Oubliez-vous et profitez les autres » est écrit en chinois classique comme « Wang-ji-li-ta » (Mō-ko-ri-ta en japonais). Ces mots sont écrits comme des slogans à de nombreux temples. Habituellement, nous ne pensons qu’à nous-mêmes et nous sommes susceptibles de considérer nos propres intérêts par rapport à ceux des autres. Nous pouvons savoir qu’il est très important de profiter aux autres sans penser à nous-mêmes. Cependant, il est très difficile de mettre cela en pratique. Même si nous exerçons pour en bénéficier les autres, l’autre personne peut ne pas comprendre nos intentions et peut nous penser étrange. Notre pratique pourrait ne pas réussir. Cependant, si nous abandonnons, nous ne pouvons pas nous améliorer ou d’autres. C’est le désir d’atteindre l’illumination qui appuie l’idéal pour s’emparer de soi et profiter aux autres et qui nous empêche d’essayer de réaliser l’idéal.

« Le chemin élargit les gens, les gens élargissent le chemin. Dans la volonté d’illumination, la nourriture et les vêtements existent, mais la volonté d’illumination ne se trouve pas dans les aliments et les vêtements .  »  » Denjutsu-Isshin-Kaimon; Le registre des préceptes dans un esprit « 

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Traduction

Le chemin enrichit les gens, les gens ouvrent le chemin. Les gens, qui connaissent le bouddhisme, seront tracés sur le chemin de la Bouddhéité et propageront le bouddhisme partout. La nourriture et les vêtements peuvent être trouvés sur le chemin de la Bouddhéité, mais le chemin ne se trouve pas dans le désir de nourriture et de vêtements.

Interprétation

Ces mots sont la volonté orale de Dengyō Daishi, dit à ses disciples sur son lit de malade à Kōnin 3 (812). Le fondement de l’ouverture du chemin vers la Bouddhéité et pour la propagation du bouddhisme est celui des gens. Peu importe l’excellente et édifiante des enseignements, si personne ne comprend et ne propage les enseignements, la voie de la Bouddhéité ne sera pas ouverte. Le désir sincère d’atteindre l’illumination est très important pour la propagation des enseignements bouddhistes. Cependant, nous avons besoin de nourriture et de vêtements pour vivre et nous sommes enclins à rechercher uniquement des avantages immédiats ou la satisfaction des désirs et des conforts matériels immédiats. Et, pourtant, il n’y a pas de confort éternel et de tranquillité d’esprit parce que la satisfaction de ces désirs matériels n’est ni éternelle ni vraie. Dengyō Daishi enseigne que nous n’avons pas à nous soucier de la nourriture et des vêtements, car ceux-ci nous arriveront naturellement, mais ils ne viennent qu’à la poursuite de la Bouddhéité. De nos jours, il existe de nombreuses personnes bien nourries et bien habillées qui vivent dans la facilité et le confort matériels partout dans le monde. Les mots de Dengyō Daishi restent importants aujourd’hui.

« Si nous réclamons une rancune avec une rancune, notre rancune ne sera pas expirée. Si nous réclamons la rancune avec gentillesse , notre rancune sera expirée .  »  » Denjutsu-Isshin-Kaimon; Concernant l’essai sur les préceptes d’un esprit « 

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Traduction

Si nous retournons la mauvaise action pour mauvaise foi, ou la rancune pour la rancune, la rancune ou la haine ne sera jamais éteinte. Si nous rendons la bonne action pour mauvaise foi, la rancune ou la haine sera éteinte.

Interprétation

Ces mots se trouvent dans le « Denjutsu-Isshin-Kaimon; Concernant l’essai sur les préceptes d’un esprit « écrit par Kōjō, qui était le disciple de Dengyō Daishi. Si nous retournons une mauvaise action avec une autre, le mal sera provoqué par la réaction en chaîne de la rancune à la rancune et à la haine à la haine. Cependant, si nous renvoyons les rancunes ou la haine avec un bon acte de vertu et de conscience, la reniffe ou la haine de l’autre sera éteinte. Nous pouvons trouver des mots semblables à Dengyō Daishi dans le cinquième verset du « Dhamma-pada » qui est une collection des mots du Bouddha. Cette idée est commune au bouddhisme. Dans les relations humaines et les relations internationales, la réaction en chaîne de la rancune à la rancune ou à la haine à la haine a souvent conduit à des résultats tragiques. Ces mots de Dengyō Daishi indiquent comment nous pouvons établir des relations pacifiques en apaisant la colère, la rancune ou la haine.

Tout le monde peut atteindre la Boddhéité.

Les enseignements de Tendai sont basés sur l’interprétation de Tiantai Dashi Zhi-yi (Tendai Daishi Chigi en japonais, 538-597) du Lotus Sūtra . Zhiyi était actif dans les dynasties Chen (557-589) et Sui (589-617).

Le Lotus Sūtra compte 28 chapitres. Zhiyi a divisé le Lotus Sūtra en deux parties: la première moitié de 14 chapitres et les 14 derniers chapitres. Dans les 14 premiers chapitres, le Lotus Sūtra expose l’idée que n’importe qui peut devenir un Bouddha, et les 14 derniers chapitres révèlent l’éternité du Bouddha Shakyamuni et l’universalité des enseignements du Bouddha.

La première moitié du Lotus Sūtra exprime que la porte qui conduit les êtres sensibles à atteindre l’illumination est ouverte à tout le monde. Tiantai Dashi l’appelait « Ichijō » (le Véhicule unique, le chemin unique vers l’illumination à prendre par tous les êtres vivants) pour le contraster avec les « Sanjō » (les trois véhicules) qui affirment qu’il y a des gens incapables d’atteindre la Bouddhéité . Le Lotus Sūtra enseigne que

« Beaucoup de Bouddhas et Bouddha Shakyamuni pour une grande cause seule apparaissent dans ce monde. C’est-à-dire qu’ils sont apparus afin que quiconque puisse voir ces bouddhas et purifier leurs esprits. Ces bouddhas sont apparus dans notre monde pour nous faire comprendre ce qu’est un Bouddha et pour nous permettre de devenir des Bouddhas « .

Et pour justifier cela, la vision du monde de la grande compassion du Bouddha s’exprime. Cette expression a d’abord été révélée dans le Lotus Sūtra .

Tout et tout le monde existe dans ce monde pour un but, sans discrimination ni confrontation. Tout joue un rôle important dans la constitution de notre communauté et de ce monde dans lequel nous vivons. Tout existe également parce que tout le monde et tous les êtres ont la possibilité d’atteindre l’illumination. Par conséquent, essentiellement, il n’y a pas de discrimination dans les Sanjō (les trois véhicules). Le Bouddha Shakyamuni a garanti que quiconque peut atteindre la Bouddhéité.

C’est le point principal des 14 premiers chapitres du Lotus Sūtra . Nous devons suivre les enseignements du Bouddha, réaliser que nous avons des possibilités infinies de devenir des Bouddhas, et que nous passons notre vie quotidienne à travailler vers cet idéal vaste et élevé.

Le Bouddha et ses enseignements resteront avec nous pour toujours.

Pourquoi le Bouddha Shakyamuni a-t-il traversé le Nirvāna (le but final de l’aspiration et de la pratique bouddhistes, où les mauvaises passions sont éteintes et la plus haute sagesse atteinte) et qu’est-ce qui devrait guider ses disciples dans la poursuite de la voie de la Bouddhéité après sa mort? La seconde moitié du Lotus Sūtra répond à ces questions.

Pourquoi le Bouddha Shakyamuni a-t-il passé dans le Nirvāna même s’il s’est manifesté dans ce monde pour sauver tous les êtres? Le Lotus Sūtra expose comme suit:

« Si le Bouddha Shakyamuni devait vivre dans ce monde pour toujours, tous les êtres sensibles seraient mis leur esprit à l’aise, et ils seraient paresseux avec orgueil. S’ils sentent qu’ils peuvent entendre sa prédication quand ils le souhaitent, alors faites plaisir à entendre que les enseignements ne découleraient pas d’eux. En conséquence, le Bouddha Shakyamuni a essayé de les conduire à la bouddhéité en disparaissant de ce monde et leur faisant croire qu’il avait passé dans le nirvana « .

Le Bouddha Shakyamuni est passé au Nirvāna, mais il continue de nous prêcher même maintenant. Nous, les êtres sensibles, pouvons ressentir et toucher la grande compassion du Bouddha en lisant le Lotus Sūtra .

La sagesse et la compassion du Bouddha

Le contemporain Tendai Dénomination cherche à mener à bien la pratique dans notre vie quotidienne de la forme ultime de la compassion conformément aux paroles de Saichō, « faire le bien pour les autres d’abord et nous-même en laissant à plus tard, cet esprit est l’expression ultime de la compassion. » La compassion est L’esprit de base pour la pratique des enseignements de Bouddha. Le mot compassion est issu des mots pour l’amitié et la sympathie. Il est vrai que tous les êtres vivants doivent mourir. Nous avons souvent tendance à oublier cette vérité. Tous les êtres vivants mourront, peu importe ce que les joies de la vie peuvent apporter maintenant. Cela engendre un chagrin. Alors, une considération réfléchie de tous les êtres vivants sera nécessaire. C’est le monde idéal des bouddhistes où soi et les autres sont totalement égaux sans aucune discrimination. Demander l’égalité parfaite de tous les êtres vivants et prier pour leur vie épanouissante est l’essence du bouddhisme.

Le Lotus Sūtra , le sūtra le plus important de Tendai, prêche que les bouddhistes aient un cœur tendre et tendu, portent la robe compatissante du Bouddha, assis sur le trône compatissant du Bouddha et demeurent dans la salle de compassion du Bouddha. Il prêche aussi que ceux qui pratiquent de tels enseignements puissent rencontrer des persécutions et avoir des pierres lancées sur eux. Il est très difficile de pratiquer cette compassion, donc certains diront que ce n’est qu’un idéal. Mais prendre progressivement étape par étape vers cet idéal doit être la mission du bouddhisme.

Les Pratiques des Bodhisattvas

Que devrions-nous être nés dans ce monde comme les humains le font? Dengyō Daishi Saichō a déclaré « nous devrions faire les pratiques des bodhisattvas ». Les Bodhisattvas sont ceux qui se consacrent à la poursuite de la Bouddhéité. La pratique la plus importante d’un bodhisattva est de faire du bien aux autres tout en s’oubliant. Si l’on pratique constamment, les désirs et les attachements pour les choses seront atténués peu à peu, et nous viendrons regarder les autres comme sur nous-mêmes, sans discrimination. Cela rapproche l’illumination de la Bouddhéité. Un bodhisattva donne aux autres la vertu et les mérites de ses actes ou pratiques pieux. Ainsi, les bodhisattvas s’approchent de l’illumination en donnant aux autres la vertu et les mérites de la pratique, et prenant la joie en train de donner.

Dengyō Daishi a juré de se consacrer à la poursuite des pratiques de bodhisattva dans notre société et dans sa vie, et nous a prêché que nous devrions vivre comme des êtres humains comme ça.

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