Urabon Gosho 盂蘭盆御書 うらぼんごしょ

Urabon Gosho
盂蘭盆御書
うらぼんごしょ
Page 1770 « showa Teihon Nichiren Shōnin Ibun »
Pages 171 , 172, 173, 174, 176. “Writings of Nichiren Shōnin, Faith and Practice Volume 4”
Traduction Gérard Shōyū Foureau, shami (novice) Nichiren Shū, temple Guhōzan Renkōji.

Introduction
Cette missive rédigée par Nichiren Shōnin au mont Minobu est adressée à la
grand-mère du Sieur Jibu dans la province de Suruga (préfecture de Shizuoka).
Le manuscrit original est composé de 17 pages et se trouve au Temple
Myōkakuji à Kyoto. Le gentilhomme Jibu se nomme Jibu-bō Nichii (1257-
1318), un disciple de Nichiren et a été déclaré comme l’un des chūrōsō (disciples
semi-aînés). Certains affirment que la grand-mère de Nichii s’appelait Nun
Myōi, mais rien n’a été confirmé dans ce sens. Il est dit que Nichii, un fils de
Nanjō Heishichirō, était à l’origine un prêtre de l’école Tendai et résidait au
temple Shijūju-in à Kambara (préfecture de Shizuoka). Jibu-bō a été converti au
bouddhisme de Nichiren par Nikkō et Nichiji.
La grand-mère de Nichii avait envoyé des provisions telles que du riz poli, du riz
grillé, des courges et des aubergines à Nichiren en offrande pour la cérémonie
d’Ullambana. Joint à son offrande, dans une lettre, elle demandait des
renseignements sur l’Ullambana. En réponse, Nichiren lui raconte l’origine de
la cérémonie d’Ullambana. Pour expliquer l’origine de cette cérémonie,
Nichiren introduit l’histoire de Maudgalyâyana et de sa mère, en lui expliquant
que même les pouvoirs divins surnaturels, ne pouvaient pas sauver ceux qui sont
passés dans le royaume des esprits affamés. Ce ne fut seulement que lorsque
Maudgalyâyana atteint la bouddhéité grâce au Sūtra du Lotus, que sa mère fut
sauvé du royaume des esprits affamés et devint Buddha.
Honorable écrit (lettre) sur la cérémonie d’Urabon
Réponse à la lettre de la grand-mère du
Prêtre Jibu-bō Nichii
Page 1 sur 71. Le Vénérable Maudgalyayana et sa mère
J’ai placé la balle de riz poli, le riz grillé, les courges, et les autres mets que j’ai
reçus de votre part devant l’autel du Budha et j’ai effectué une prière en votre
nom. En ce qui concerne la cérémonie d’Ullamba ; parmi les disciples du
Buddha, il y avait un homme qui s’appelait le Vénérable Maudgalyayana. En
comparaison de Śariputra, un autre grand disciple qui lui était connu comme le
premier en sagesse, Maudgalyayana était connu comme le premier en pouvoirs
surnaturels. Ils étaient comme le soleil et la lune planant ensemble au-dessus du
mont Sumeru, ou les ministres placés à la gauche et à la droite attendant près du
grand roi. Le père de Maudgalyayana se nommait Kissenshishi {sic} et sa mère
était Moggaliya. En raison de ses actes de cruauté et d’avidité, Moggaliya lors
de son décès avait été envoyé dans le monde des esprits faméliques jusqu’à ce
qu’elle puisse être sauvée par son fils. C’est l’origine de la cérémonie
d’Ullambana. Si l’on cherche à approfondir le sens de cette cérémonie, on
s’aperçoit que Maudgalyâyana ignorait les souffrances de sa mère dans le
monde des esprits affamés. Etant enfant, il avait reçu une éducation non-
bouddhiste dans le Brahmanisme, et maîtrisait toutes les écritures non-
bouddhistes telles que les quatre Védas et les dix-huit grands Sūtra, mais il était
toujours incapable de voir où sa mère était allée après sa mort. Plus tard, à l’âge
de 13 ans, Maudgalyâyana, avec Śariputra, rendit visite au Buddha Śakyamuni
et devint son disciple. Il fut un sage de premier rang en éliminant les
désillusions de la vue, fut promu au rang de arhat en surmontant les illusions de
la pensée, et obtînt les trois ou six sortes de pouvoirs supranaturels.
Avec ses yeux célestes grands ouverts, Maudgalyâyana, pouvait tout voir dans
les triples mille mondes (3 000 mondes) comme si tout reflétait dans un miroir
sans tache. Il était capable de voir partout sur la grande terre et dans les trois
domaines des démons. C’était comme si l’on cherche à voir le poisson sous l’eau
à travers la glace qui brille dans le soleil du matin. C’est alors qu’il vit sa mère
dans le monde des esprits affamés.
Sans rien à manger ni à boire, sa mère était émacié et sa peau ressemblait à un
faisan dont les plumes avaient été arraché, et ses os étaient usés à un point tel
qu’ils ressemblaient à des lignes de pierres rondes. Sa tête sans cheveux
ressemblait à une balle, son cou mince comme un fil, et son estomac était aussi
gonflé que l’océan. Son apparence, comme elle pria en ouvrant grand la bouche
et en pressant ses paumes, ressemblait à une sangsue flairant l’odeur des êtres
humains. Comment il était déchirant pour Maudgalyâyana de voir sa propre
Page 2 sur 7mère souffrir de la faim et de soif et les larmes lui venaient aux yeux! Devant sa
mère, sa tristesse était indescriptible.
Dans le passé Prêtre Shunkan, le gestionnaire du Temple Hōshōji à Kyoto fut
banni à l’île d’Yuōjiùa. Lorsqu’un ancien domestique du prêtre lui rendit visite,
Shunkan était nu, décharné et ses cheveux était suffisamment long pour couvrir
l’arrière de son cou. Il s’était rendu à la plage pour se reposer et des morceaux
d’algues étaient noués autour de sa taille. Avisant un poisson, il le saisit avec la
main droite et planta ses dents dedans. Qui se sentait le plus désoler, l’ancien
domestique de Shunkan qui vit la misère de son ancien maitre en exil ou le
Vénérable Maudgalyâyana qui vit sa mère dans le monde des esprits affamés?
Je crois que la douleur du Vénérable Maudgalyâyana était plus affligeante que
celle de l’ancien serviteur de Shukan.
Maudgalyâyana se sentit tellement désolé pour sa mère qu’il fit usage de ses
pouvoirs surnaturels pour lui faire parvenir un repas. Sa mère saisit le repas avec
plaisir de sa main droite et le porta à sa bouche tout en le couvrant avec la main
gauche. A ce moment, le repas fut transformé en feux, brulant avec de longues
flammes, comme si des mèches avaient été mises ensemble pour construire un
incendie, occasionnant à sa mère des brûlures partout. Choqué de voir cela,
Maudgalyâyana utilisa rapidement ses pouvoirs supranaturels pour lui verser de
d’eau. Cependant l’eau fut changée en bois de chauffage, ce qui provoqua
encore plus de brûlures à sa mère. C’était une scène horrible!
Réalisant que ses propres pouvoirs supranaturels ne suffisaient pas pour sauver
sa propre mère, Maudgalyâyana se hâta pour rencontrer le Buddha et s’écria:
– Je suis né dans une famille non-bouddhiste, mais je suis devenu un
disciple du Buddha et je suis parvenu au rang de arhat, je me suis libéré
de la chaîne de la vie et la mort dans le triple monde, et ai obtenu les trois
ou six pouvoirs supranaturels de arhat. Cependant, quand j’essaye de
sauver ma mère de la grande souffrance dans le monde des esprits
affamés, je ne parviens qu’à intensifié sa souffrance. Je suis accablé de
chagrin.
Le Buddha lui répondit que les offenses de sa mère étaient trop graves pour
qu’il puisse seul la sauver. Peu importe le nombre de personnes qu’il y ait, les
pouvoirs de ceux-ci comme les êtres célestes, les dieux, les démons terrestres,
les non-bouddhistes, les prêtres taoïstes, les Quatre Rois Célestes, Indra et le roi
Brahma ne pourraient pas la sauver. Tu peux seulement sauver ta mère de la
Page 3 sur 7souffrance en rassemblant des prêtres sages dans tous les mondes à travers
l’univers au 15 ème jour du 7 ème mois et tu les invites à un festin. Ainsi
Maudgalyâyana organisa une fête selon les instructions du Buddha et sa mère pu
échapper aux souffrances dans le monde des esprits affamés durant un kalpa
(éon). C’est ce qui est enseigné dans le Sūtra d’Ullambana.
Se conformant à ceci, les gens des derniers jours du Dharma, la période
dégénérée après la disparition du Buddha observent la cérémonie d’ullambana
chaque année le 15 ème jour du 7 ème mois. Aujourd’hui, il s’agit d’une pratique
courante reconnue comme un événement annuel.
2. Vénérable Maudgalyảyana et le Sūtra du Lotus
Quand, moi, Nichiren, considère Maudgalyâyana qui était un homme du
domaine de şrảvaka parmi les dix domaines des êtres vivants, qui observait les
250 préceptes aussi fermement qu’une pierre dure, se maintenant de 3000
manières solennelles aussi parfaitement que la pleine lune la nuit du quinzième
jour (du mois lunaire). Sa sagesse était aussi vaste et profonde que le soleil, et
ses pouvoirs surnaturels étaient tels qu’il pouvait faire le tour du Mont Sumeru
quatorze fois et secouer cette grande montagne. C’était un homme tellement
saint mais cependant il était incapable de rembourser une dette de gratitude
pour sa mère à qui il devait beaucoup. Quand il essaya de rembourser sa dette de
reconnaissance par tous les moyens, au lieu d’alléger ses souffrances sévères, il
ne fit que les amplifier. Comparés à Maudgalyayana, ces prêtres d’aujourd’hui
qui prétendent observer les 250 préceptes ne le font seulement qu’en paroles.
Sous prétexte de les observer, ils trompent les gens, mais ils ne le font pas du
tout pour avoir des pouvoirs surnaturels. Ils sont comme un énorme rocher qui
essaye de voler dans ciel. Leur sagesse est équivalente à une vache ou un
mouton. Même si un millier ou dix mille de ces personnes se réunissent,
comment peuvent-ils apporter un soulagement même à un seul des parents qui
souffre?
En dernière analyse, il s’avère que la raison pour laquelle Maudgalyayana ne
pouvait pas sauver sa mère de la souffrance, c’est qu’il était un croyant du
bouddhisme Hinayana et qu’il en observait les préceptes. En conséquence, il est
enseigné dans le Sūtra de Vimalakîrti qu’un homme nommé Vimalakîrti critiqua
Maudgalyâyana en disant :
– de toute façon, celui qui vous fait des offrandes tombera dans les trois
mondes maléfiques (l’enfer, monde des esprits affamés et celui des bêtes)
Page 4 sur 7Cette déclaration scripturale signifie que ceux qui vénèrent et font des offrandes
à Maudgalyâyana, défenseur des 250 préceptes, tomberont dans les trois mondes
maléfiques. Cela s’applique non seulement à Maudgalyâyana mais aussi à tous
les disciples şravảka et croyants des préceptes du Hinayana à l’époque
dégénérée des Derniers jours du Dharma
Comparé au Sūtra du Lotus, le Sūtra Vimalakîrti se tient une bonne vingtaine de
degrés en dessous. Après tout, c’est parce Maudgalyayana n’était pas encore
devenu un Buddha. Ainsi sans être un Buddha lui-même, comment pouvait-il
sauver ses propres parents, encore moins d’autres personnes?
Néanmoins, en adhérant au Sūtra du Lotus, qui enjoint aux croyants abandonner
les enseignements provisoires, Maudgalyâyana immédiatement rejeta les 250
préceptes du Hinayana et scanda Namu Myō Rengué kyō et devint le Buddha
appelé Fragrance de bois de santal (Tamāla-patra-candana-gandha). C’est à ce
moment que ses parents, aussi, sont devenus Buddha. Par conséquent, il est
indiqué dans le Sūtra du Lotus :
– Nos vœux ont déjà été exaucés, et les désirs de la multitude sont été
également satisfaits. »
Maudgalyâyana a hérité son corps et son esprit de ses parents. Lorsque l’entité
que constitue son corps et son esprit deviennent Buddha, celle de ses parents
atteint aussi la bouddhéité.
3. La chute du clan Taira
En utilisant un autre exemple, sous le règne de l’empereur Antoku, le premier des
quatre-vingt-souverain du Japon, vivait un homme appelé Kiyomori, le
gouverneur de la province d’Aki qui était à la tête du clan Taira. Il gagna
plusieurs guerres contre les ennemis du gouvernement impérial, ainsi Kiyomori
monta en grade, devenant ainsi le premier ministre, le rang le plus élevé parmi
les fonctionnaires impériaux. L’empereur régnant avait un petit-fils et tous les
membres de son clan occupaient les plus hauts échelons de la noblesse et de la
bureaucratie. Ils monopolisaient le pouvoir sur 66 provinces et sur les deux îles
et dominaient tous les habitants du Japon comme un vent trop violent couche
les plantes. En conséquence, ils devinrent arrogants et adoptèrent un
comportement hautain et jusqu’à la fin, ils offensèrent les dieux et les Buddha en
essayèrent de contrôler les prêtres shintoïstes et bouddhistes. Finalement, ils
devinrent les ennemis du Mont Hiei et des sept grands temples de Nara, et
Page 5 sur 7brûlèrent les temples Tōdaiji et Kofukuji parmi les sept temples le 22 ème jour du
12 ème mois dans la 4 ème année de l’ère de Jishō (1180). Cette grave offense
toucha ainsi le prêtre séculier Kiyomori, qui, le 4 ème du 2 ème mois de l’année
suivante, la première année de l’ère de Yowa, décéda d’une fièvre élevée avec le
corps bouillant comme la combustion du charbon et du sang dans les flammes.
Héritant de cette grave offense, Munémori, le deuxième fils de Kiyomori, faillit
se noyer dans la mer de l’Ouest, puis fut capturé et envoyé à Kamakura à l’Est et
considéré comme un prisonnier de guerre par le général de droit Minamoto
Yoritomo. Le troisième fils Tomomori se noya dans la mer et devint un
excrément de poisson, tandis que le quatrième fils Shigehira, fut lié avec une
corde, envoyé de Kyoto à Kamakura, puis à Nara, où il avait détruit les sept
grands temples. Il fut haché en pièces par des dévots bouddhistes, au nombre de
cent mille, comme l’ennemi de leur Buddha.
Le plus grand mal survient non seulement à celui qui a commis l’offense, mais
aussi à ses enfants, ses petits-enfants et toute la lignée sur sept générations. Il en
est de même pour le plus vertueux des vertueux.
La grande vertu du Vénérable Maudgalyâyana, en ayant foi dans le Sūtra du
Lotus lui permit non seulement de devenir Buddha, mais aussi ses parents. De
plus les ascendants et descendants pendant sept générations, ainsi que tous les
ascendants et descendants dans des générations illimitées sont devenus Buddha
de façon inattendue. De surcroit, les fils, les maris et les épouses, leurs
serviteurs, les dévots, et un nombre incalculable de personnes se sont non
seulement libérés du monde des trois royaumes maléfiques mais aussi sont tous
entrés dans le rang de shojū et finalement ont atteint l’état de Bouddha.
Par conséquent, il est enseigné dans le Sūtra du Lotus, chapitre V (la Parabole
de la ville magique) :
– ce mérite doit être étendu à tous les êtres vivants, afin que nous et tous les
autres puissent atteindre la bouddhéité ensemble.
4 L’assurance donnée à la grand-mère de devenir Buddha
En considérant la réalisation de la bouddhéité par le Vénérable Maudgalyâyana
et par sa mère, tu as un petit-fils, le gentilhomme Jibu, qui est un prêtre
bouddhiste. Ce prêtre n’est ni un défenseur des préceptes ni particulièrement
riche en sagesse. Il n’observe même pas un des 250 préceptes ni ne maintient
l’une des 3000 règles solennelles de conduite. Sa sagesse est équivalente à celle
Page 6 sur 7d’un cheval ou d’une vache alors que sa dignité est celle d’un singe. Néanmoins,
ce qu’il vénère est le Buddha Śakyamuni et il a porté sa foi dans le Sūtra du
Lotus. C’est comme un serpent tenant un joyau ou un dragon tenant avec
gratitude les reliques du Buddha dans le corps du Dharma.
Un pied de glycines peut monter au dessus d’une vallée profonde en
s’accrochant à un pin, une grue peut voler sur la distance de 10 000 li en
s’appuyant sur ses ailes. Ceci, ils ne l’accomplissent pas de part leur propre
force. C’est la même chose avec le gentilhomme Jibu. Il est semblable à un pied
de glycines, mais il sera en mesure de s’élever au plus haut rang de
l’illumination en s’accrochant sur le pin qu’est le Sūtra du Lotus. Il pourra voler
dans le ciel de la lumière tranquille en s’appuyant sur les ailes du véhicule
unique de l’enseignement du Sutra du Lotus. C’est un prêtre bouddhiste qui peut
faire usage de sa paire d’ailes afin de prier pour le repos de ses parents, de ses
grands-pères, de ses grands-mères et de tous les descendants pour sept
générations. Tu es la dame qui possédez un tel précieux trésor, n’est-ce pas?
Une jeune fille dragon offrit un bijou précieux au Buddha et ainsi devint
Buddha. Tu as élevé ton petit-fils comme un pratiquant du Sūtra du Lotus, ce
qui te mènera à l’état de Buddha. Il y a diverses questions qui me tiennent
occupé mais je ne peux pas parler en détail pour le moment. Je t’écrirai de
nouveau. Respectueusement.
Le 13 ème jour du 7 ème mois (1280) Nichiren (apposée, signature fleurie kao)
En réponse à la Dame, la Grand-mère de prêtre Jibu-bō Nichii

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